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23 mars 2007



BOULETTE. Des infos circulent indiquant qu'il serait souhaitable de ne pas agir hâtivement et d'attendre que la situation se décante un peu au Brésil. J'ai, personnellement, signé cette pétition. Je le regrette maintenant. Les consignes émanant de Cesare Battisti lui-même sont de se tenir à cette position d'attente. Respectons cela... pour l'instant.

Le message ci-dessous est donc caduque... Je le laisse en attendant




Est disponible depuis peu, sur le site Bellaciao.org.org, une pétition de soutien à Cesare Battisti. Vous trouverez ci-dessous le contenu de la proposition. Bien que je ne sois pas un grand fan des pétitions, d'autant plus lorsque les revendications sont aussi peu précises qu'ici (demande de libération ou de non extradition ? Un nouveau procès ou le respect de la parole donnée par la France ?...), je ne peux que m'associer à cet acte de mobilisation en faveur de Cesare Battisti. Non pas que je crois à la puissance salvatrice des pétitions en ligne, mais il me semble tout de même important de se mobiliser massivement afin de montrer à l'Etat français que le sort de Cesare Battisti n'est pas sans intéreret pour ses concitoyens et que cette affaire e sera pas enterrée en quelques pirouettes et autres petites phrases dont notre très cher ministre de l'intérieur a le secret.



Proposition de Gérard Streiff, Sarah Jane Mellor, Luca Di Nella, Laurent Klajnbaum, Roberto Ferrario, membres du Conseil de campagne de Marie-GeorgeBuffet.




L'écrivain Cesare Battisti vient d'être arrêté au Brésil. Il est sous la menace d'une extradition enItalie.
On se rappelle que Battisti avait trouvé asile en France, bénéficiant d'une règle non écrite qui accorde auxanciens activistes italiens la protection de l'Etat français à condition qu'il renoncent à la lutte armé.
Mais l'actuel gouvernement français à remis en cause cet engagement pris pourtant au plus haut niveau de l'Etat en prétendant livrer Battisti à l'Italie il y a trois ans.
D'autre part la loi italienne n'ouvre à ce dernier aucun droit à un nouveau procès contradictoire en sa présence. Il serait donc d'office condamné à perpétuité.
L'écrivain ne doit pas être extradé.








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22 mars 2007


L'article publié par Maxime Vivas propose de revenir de manière claire et concise sur quelques erreurs persistantes dans les différents discours tenus sur l'affaire Battisti. Voici donc un document utile aussi bien pour prendre un peu de recul sur certains discours médiatiques, mais également pour apporter un peu de justesse et de rigueur dans les discussions de comptoir.


Cesare Battisti broyé par les mensonges, par Maxime Vivas.
Lundi 19 mars 2007. Disponible sur http://www.vialibre5.com


Arrêté ce dimanche au Brésil, mon ami l'écrivain Cesare Battisti est devenu, à son corps défendant, un élément de la campagne électorale de Sarkozy.
Cesare Battisti, militant en1977 d'un éphémère mouvement Prolétaires Armés pour le Communisme » (PAC) a d'abord été arrêté en Italie en 1979. Il s'est évadé en 1981, a vécu pacifiquement au Mexique, est venu en France en 1991, attiré par la « Doctrine Mitterrand » confirmée par un jugement à son arrivée sur notre sol, puis par un autre jugement et encore par le Premier ministre Lionel Jospin. Notre loi et la parole de la France l'avaient dit : il ne serait pas extradé.
La presse menteuse (et/ou paresseuse) affirme que François Mitterrand accorda l'asile aux seuls exilés « qui n'ont pas commis de crimes de sang ».
C'est faux. Sa déclaration solennelle devant le 65eme congrès de la Ligue des Droits de l'Homme, le 20 avril 1985 ne reprend cette nuance initiale qui figurait dans une première déclaration (22 février 1985). Pourquoi ? Parce que le pouvoir de Berlusconi qualifiait d'assassins tous les militants de gauche qui avaient appartenu à un mouvement armé pendant les années de plomb, ces années où les factieux, dont aucun n'est en prison, même pas ceux qui ont avoué, faisaient sauter la gare de Bologne avec ses voyageurs dedans. La « Doctrine Mitterrand » posait l'unique condition de renoncement à toute violence.
Puis, en février 2004, la France emprisonne Battisti alors même que la décision de sa naturalisation est sur le point d'être signée. Le combat des amis de l'écrivain pour s'opposer à la menace d'extradition a été soutenu très rapidement par 20 000 signatures, par une partie de la presse française, par des élus et par Attac qui a publié un communiqué.
Un revirement s'est manifesté ensuite, l'opinion étant troublée par une avalanche d'informations fausses, tronquées, à sens unique. Ainsi, Le Monde qui soutint Battisti s'est mis (avec Le Figaro, Marianne, etc.) à ouvrir généreusement ses colonnes à ceux qui le traitaient d'impitoyable assassin. Le quotidien vespéral s'est même excusé d'avoir subi « l'influence des intellectuels parisiens. » Au plus haut niveau de l'Etat, on faisait savoir la volonté d'extrader.
La formidable campagne d'intox puisait dans les informations de politiciens italiens soucieux de se refaire une virginité légaliste (à « droiche et à gaute »), des mouvements fascistes, des juges investis dans la répression (et cléments envers les factieux qui se livrèrent à de sanglants attentats).
Un des partisans de l'extradition le plus médiatisé en Italie, celui qui clame le plus fort qu'elle est justifiée, celui dont nos journaux reprennent les informations, se nomme Armando Spataro. On oublia de nous dire qu'il était le substitut du procureur représentant l'accusation contre Battisti.
C'est dans ce contexte d'hallali que, profitant d'une libération provisoire, Battisti a choisi la clandestinité et un nouvel exil.


Quelques exemples de désinformations :


Battisti est l'ex-dirigeant du mouvement des « Prolétaires Armés pour le Communisme » (PAC).
Faux ! Il fut un de ses plus jeunes militants de base, avant de le quitter pour désaccord sur les méthodes violentes, ce qui l'opposa à un des dirigeants qui fut ensuite le principal témoin à charge contre lui.


Lors d'une action armée, Battisti a tiré sur un enfant de 13 ans, depuis paraplégique (les télés italiennes et françaises l'exhibent, les journaux le disent « tétraplégique »).
Faux ! Le jour du drame, il est prouvé que Battisti n'était pas là. Il est également prouvé que la balle a été accidentellement tirée par le père de la victime. La justice italienne ne le conteste pas.


Les témoins oculaires abondent contre Battisti ?
Faux. Pas un seul n'a pu être produit parmi les dizaines qui ont assisté à des actes de violence impliquant le PAC. Battisti présente pourtant une particularité physique qui aurait dû le faire immanquablement remarquer : sa très petite taille.


Il a eu droit à un procès équitable dans le respect de la Constitution et des droits de la défense.
Faux. Il a été condamné à la prison à vie en son absence et à son insu, sans possibilité d'être rejugé (ce qu'il réclame), non pas sur preuves, ni sur témoignages directs, mais sur les dires d'un « repenti » (quiconque dénonce quelqu'un bénéficie de clémence). La Justice Italienne, dénoncée en cela par la Cour Européenne de Justice, ne prévoit pas de second procès après un jugement par contumace.


Il est prouvé qu'il a tué ?
Faux !
Il a toujours nié. Les seules charges sont les aveux d'un repenti (libre aujourd'hui) qui a chargé un ex-camarade dont il pensait qu'il ne risquait rien du fait de son exil au Mexique.


La parole des repentis est fiable.
Faux !
Et pas seulement pour les raisons déjà évoquées. Dans un livre publié chez Viviane Hamy (La vérité sur Cesare Battisti), Fred Vargas qui anime son Comité de Soutien national raconte sur des pages entières les tortures dont furent victimes les « repentis » pour les aider à charger leurs camarades. Amnesty International s'est exprimé maintes fois contre la violation des droits humains dans ces circonstances.


Battisti a fuit la Justice.
Faux. C'est la Justice versatile qui le fuit.


La Justice condamne tous les actes de violence.
Faux !
Les activistes de droite, et notamment ceux qui ont déposé une bombe dans la gare de Bologne (80 morts), sont libres en Italie alors qu'ils ont avoué leur crime. Notons qu'il en est de même en France pour les activistes de l'OAS, en vertu du principe selon lequel, un tiers de siècle après des périodes de "guerre civile larvée", il ne faut pas rouvrir les plaies.


Battisti, est un terroriste.
Faux !
Attiré en France par la promesse de ne pas être livré à l'Italie ("Doctrine Mitterrand") il a abandonné toute action politique, fondé une famille, s'est reconverti dans l'écriture de romans. Dans ses débats et conférences, dans ses rencontres avec les jeunes, il prônait la non violence ; il exhortait son auditoire à choisir d'autres voies d'action politique que celle qui s'était imposée à des milliers de jeunes italiens généreux devant un fascisme ambiant qui gangrenait leur pays.


Cesare Battisti faisait plus pour la paix civile en France que le boutefeu au Karcher qui se sert aujourd'hui de lui pour se faire élire.


Maxime Vivas




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La « doctrine Mitterrand » est énoncée par l’ancien président de la République à l’occasion de deux discours datés 1er et 22 février 1985. Ces discours proposent une alternative à la situation régnant en Italie en proposant aux italiens ayant renoncé à la violence et à l’activisme de vivre en France à visage découvert. Il s’agit pour François Mitterrand, par cette idée, de résoudre le cas de plus de 300 italiens réfugiés principalement en banlieue parisienne depuis 1976. Cette doctrine va donc inciter un certain nombre d’exilés italiens à rejoindre la France pour recouvrir une existence officielle. Ce sera par exemple le cas de C. Battisti, qui en 1990, quittera le Mexique afin de rejoindre et de passer devant la justice française (1991) qui émettra alors un avis défavorable d’extradition compte tenu de la confusion des accusations énoncées à son encontre. Ce motif était bien souvent invoqué afin de motiver le rejet des demandes d’extraditions émanant de l’Italie.

EXTRAITS DES DISCOURS FONDATEURS DE LA DOCTRINE MITTERRAND

Discours au Palais des sports de Rennes, 1er février 1985

« Oui, j’ai décidé l’extradition, sans le moindre remords, d’un certain nombre d’hommes accusés d’avoir commis des crimes. Je n’en fais pas une politique. Le droit d’asile, dès lors qu’il est un contrat entre celui qui en bénéficie et la France qui l’accueille, sera toujours et a toujours été respecté ; il n’était d’ailleurs pas demandé, dans la circonstance, en temps utile. Je refuse de considérer a priori comme terroristes actifs et dangereux des hommes qui sont venus, particulièrement d’Italie, longtemps avant que j’exerce les responsabilités qui sont miennes, et qui venaient de s’agréger ici et là, dans la banlieue parisienne, repentis... à moitié, tout à fait,... je n’en sais rien, mais hors du jeu. Parmi eux, sans doute une trentaine de terroristes actifs et implacables. Ce sont justement ceux qu’on ne contrôle pas, c’est à dire qu’on ne sait pas où ils sont ! On dit qu’ils sont en France ? La France est quand même un pays - sans que je puisse préjuger en quoi que ce soit de ce qui se passera demain - dans lequel on a connu une trace moins sanglante qu’ailleurs, même si elle est encore trop sanglante. Mais je dis hautement : la France est et sera solidaire de ses partenaires européens, dans le respect de ses principes, de son droit : elle sera solidaire, elle refusera toute protection directe ou indirecte pour le terrorisme actif, réel, sanglant. »

Compte rendu de déjeuner de travail avec Bettni Craxi, Président du Conseil des ministres d'Italie, 22 février 1985

« Nous avons environ 300 Italiens réfugiés en France depuis 1976 et qui depuis qu’ils sont chez nous, se sont “repentis” et auxquels notre police n’a rien à reprocher. Il y a aussi une trentaine d’Italiens qui sont dangereux mais ce sont des clandestins. Il faut donc d’abord les retrouver. Ensuite ils ne seront extradés que s’il est démontré qu’ils ont commis des crimes de sang. Si les juges italiens nous envoient des dossiers sérieux prouvant qu’il y a eu crime de sang, et si la justice française donne un avis positif, alors nous accepterons l’extradition.
Pour les nouveaux arrivants, nous sommes prêts à être très sévères et à avoir avec vous le même accord qu’avec l’Espagne. Nous sommes prêts à extrader ou à expulser à l’avenir les vrais criminels sur la base des dossiers sérieux. Il y en a deux actuellement qui pourraient être extradés sous réserve de la justice française. »

Conférence de presse conjointe avec Bettino Graxi, 22 février 1985

« Les principes d’actions sont simples à définir. Ils sont souvent moins simples à mettre en oeuvre. Il s’agit du terrorisme qui est par définition clandestin ; c’est une véritable guerre. Nos principes sont simples.
Tout crime de sang sur lequel on nous demande justice - de quelque pays que ce soit et particulièrement l’Italie - justifie l’extradition dès lors que la justice française en décide.
Tout crime de complicité évidente dans les affaires de sang doit aboutir aux mêmes conclusions.La France, autant que d’autres pays, encore plus que d’autres pays mène une lutte sans compromis avec le terrorisme. Depuis que j’ai la charge des affaires publiques, il n’y a jamais eu de compromis et il n’y en aura pas.
Le cas particulier qui nous est posé et qui alimente les conversations, est celui d’un certain nombre d’Italiens venus, pour la plupart, depuis longtemps en France. Ils sont de l’ordre de 300 environ - plus d’une centaine était déjà là avant 1981 - qui ont d’une façon évidente rompu avec le terrorisme. Même s’ils se sont rendus coupables auparavant, ce qui dans de nombreux cas est probable, ils ont été reçus en France, ils n’ont pas été extradés, ils se sont imbriqués dans la société française, ils y vivent et se sont très souvent mariés. Ils vivent en tous cas avec la famille qu’ils ont choisie, ils exercent des métiers, la plupart ont demandé la naturalisation.
Ils posent un problème particulier sur lequel j’ai déjà dit qu’en dehors de l’évidence - qui n’a pas été apportée - d’une participation directe à des crimes de sang, ils ne seront pas extradés. Cela je l’ai répété à M. le Président du Conseil tout à l’heure, non pas en réponse à ce qu’il me demandait mais en réponse à un certain nombre de démarches judiciaires qui ont été faites à l’égard de la France.
Bien entendu, pour tout dossier sérieusement étayé qui démontrerait que des crimes de sang ont été commis ou qu’échappant à la surveillance, certains d’entre eux continueraient d’exercer des activités terroristes, ceux-là seront extradés ou selon l’ampleur du crime, expulsés. »