27 décembre 2007
Cela faisait longtemps que je n'avais pas donné d'informations sur Cesare Battisti, j'y remédie par le biais de ce rapide message.
Cesare est toujours emprisonné au Brésil dans l'attente de son audition prévue le 18 janvier 2008. S'en suivra le dépôt du mémoire de la défense dans un délai de 10 jours puis la délibération du Tribunal Suprême du Brésil qui aura jusqu'à 6 mois pour rendre sa décision quant à l'extradition de Cesare.
Donc voilà où en est la situation. Je lui apporte tout mon soutien en espérant qu'il tiendra bon et que le dénouement lui sera favorable.
Après Paulo Persichetti, Cesare Battisti, c'est aujourd'hui au tour de Marina Petrella de subir le reniement de la parole donnée par la France, par le biais de la doctrine Mitterrand. Les anciens militants italiens durant les « années de Plomb » réfugiés en France depuis près de vingt ans et ayant reconstruit leurs vies ont aujourd'hui une épée de Damoclès au dessus de la tête. Déjà trois réfugiés italiens derrière les barreaux, on peut craindre que cette liste n'augmente dans les mois qui viennent.
Par les temps qui courent, où les grévistes sont considérés comme « preneurs d'otages » on devrait se méfier des abus de langage et amalgames qui nourrissent la confusion, à l'image de ceux faits entre militantisme et terrorisme qui viennent légitimer l'extradition des réfugiés italiens en France.
A bon entendeur…
Pour plus d' informations, n' hésitez pas à jeter un coup d'oeil à mes précédents billets sur les années de plomb, Cesare Battisti et la doctrine Mitterrand.
Je laisse également les références des bouquins de Paolo Persichetti et Cesare Battisti très instructifs sur le sujet.
Exil et châtiment, de paolo Persichetti, publié aux éditions textuel en 2005.
Ma cavale, de Cesare Battisti, publié chez Grasset en 2006.
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26 mars 2007
Petit zapping télé autour de l'arrestation de Cesare Battisti au Brésil.
Le cas Battisti
Vidéo envoyée par lemondefr
23 mars 2007
POLEMIQUE AUTOUR DE LA PETITION DE SOUTIEN A CESARE BATTISTI
2 commentaires Publié par Le Goudron à 10:26
BOULETTE. Des infos circulent indiquant qu'il serait souhaitable de ne pas agir hâtivement et d'attendre que la situation se décante un peu au Brésil. J'ai, personnellement, signé cette pétition. Je le regrette maintenant. Les consignes émanant de Cesare Battisti lui-même sont de se tenir à cette position d'attente. Respectons cela... pour l'instant.
Le message ci-dessous est donc caduque... Je le laisse en attendant
Est disponible depuis peu, sur le site Bellaciao.org.org, une pétition de soutien à Cesare Battisti. Vous trouverez ci-dessous le contenu de la proposition. Bien que je ne sois pas un grand fan des pétitions, d'autant plus lorsque les revendications sont aussi peu précises qu'ici (demande de libération ou de non extradition ? Un nouveau procès ou le respect de la parole donnée par la France ?...), je ne peux que m'associer à cet acte de mobilisation en faveur de Cesare Battisti. Non pas que je crois à la puissance salvatrice des pétitions en ligne, mais il me semble tout de même important de se mobiliser massivement afin de montrer à l'Etat français que le sort de Cesare Battisti n'est pas sans intéreret pour ses concitoyens et que cette affaire e sera pas enterrée en quelques pirouettes et autres petites phrases dont notre très cher ministre de l'intérieur a le secret.
L'écrivain Cesare Battisti vient d'être arrêté au Brésil. Il est sous la menace d'une extradition enItalie.
On se rappelle que Battisti avait trouvé asile en France, bénéficiant d'une règle non écrite qui accorde auxanciens activistes italiens la protection de l'Etat français à condition qu'il renoncent à la lutte armé.
Mais l'actuel gouvernement français à remis en cause cet engagement pris pourtant au plus haut niveau de l'Etat en prétendant livrer Battisti à l'Italie il y a trois ans.
D'autre part la loi italienne n'ouvre à ce dernier aucun droit à un nouveau procès contradictoire en sa présence. Il serait donc d'office condamné à perpétuité.
L'écrivain ne doit pas être extradé.
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22 mars 2007
L'article publié par Maxime Vivas propose de revenir de manière claire et concise sur quelques erreurs persistantes dans les différents discours tenus sur l'affaire Battisti. Voici donc un document utile aussi bien pour prendre un peu de recul sur certains discours médiatiques, mais également pour apporter un peu de justesse et de rigueur dans les discussions de comptoir.
Cesare Battisti broyé par les mensonges, par Maxime Vivas.
Lundi 19 mars 2007. Disponible sur http://www.vialibre5.com
Arrêté ce dimanche au Brésil, mon ami l'écrivain Cesare Battisti est devenu, à son corps défendant, un élément de la campagne électorale de Sarkozy.
Cesare Battisti, militant en1977 d'un éphémère mouvement Prolétaires Armés pour le Communisme » (PAC) a d'abord été arrêté en Italie en 1979. Il s'est évadé en 1981, a vécu pacifiquement au Mexique, est venu en France en 1991, attiré par la « Doctrine Mitterrand » confirmée par un jugement à son arrivée sur notre sol, puis par un autre jugement et encore par le Premier ministre Lionel Jospin. Notre loi et la parole de la France l'avaient dit : il ne serait pas extradé.
La presse menteuse (et/ou paresseuse) affirme que François Mitterrand accorda l'asile aux seuls exilés « qui n'ont pas commis de crimes de sang ».
C'est faux. Sa déclaration solennelle devant le 65eme congrès de la Ligue des Droits de l'Homme, le 20 avril 1985 ne reprend cette nuance initiale qui figurait dans une première déclaration (22 février 1985). Pourquoi ? Parce que le pouvoir de Berlusconi qualifiait d'assassins tous les militants de gauche qui avaient appartenu à un mouvement armé pendant les années de plomb, ces années où les factieux, dont aucun n'est en prison, même pas ceux qui ont avoué, faisaient sauter la gare de Bologne avec ses voyageurs dedans. La « Doctrine Mitterrand » posait l'unique condition de renoncement à toute violence.
Puis, en février 2004, la France emprisonne Battisti alors même que la décision de sa naturalisation est sur le point d'être signée. Le combat des amis de l'écrivain pour s'opposer à la menace d'extradition a été soutenu très rapidement par 20 000 signatures, par une partie de la presse française, par des élus et par Attac qui a publié un communiqué.
Un revirement s'est manifesté ensuite, l'opinion étant troublée par une avalanche d'informations fausses, tronquées, à sens unique. Ainsi, Le Monde qui soutint Battisti s'est mis (avec Le Figaro, Marianne, etc.) à ouvrir généreusement ses colonnes à ceux qui le traitaient d'impitoyable assassin. Le quotidien vespéral s'est même excusé d'avoir subi « l'influence des intellectuels parisiens. » Au plus haut niveau de l'Etat, on faisait savoir la volonté d'extrader.
La formidable campagne d'intox puisait dans les informations de politiciens italiens soucieux de se refaire une virginité légaliste (à « droiche et à gaute »), des mouvements fascistes, des juges investis dans la répression (et cléments envers les factieux qui se livrèrent à de sanglants attentats).
Un des partisans de l'extradition le plus médiatisé en Italie, celui qui clame le plus fort qu'elle est justifiée, celui dont nos journaux reprennent les informations, se nomme Armando Spataro. On oublia de nous dire qu'il était le substitut du procureur représentant l'accusation contre Battisti.
C'est dans ce contexte d'hallali que, profitant d'une libération provisoire, Battisti a choisi la clandestinité et un nouvel exil.
Quelques exemples de désinformations :
Battisti est l'ex-dirigeant du mouvement des « Prolétaires Armés pour le Communisme » (PAC).
Faux ! Il fut un de ses plus jeunes militants de base, avant de le quitter pour désaccord sur les méthodes violentes, ce qui l'opposa à un des dirigeants qui fut ensuite le principal témoin à charge contre lui.
Lors d'une action armée, Battisti a tiré sur un enfant de 13 ans, depuis paraplégique (les télés italiennes et françaises l'exhibent, les journaux le disent « tétraplégique »).
Faux ! Le jour du drame, il est prouvé que Battisti n'était pas là. Il est également prouvé que la balle a été accidentellement tirée par le père de la victime. La justice italienne ne le conteste pas.
Les témoins oculaires abondent contre Battisti ?
Faux. Pas un seul n'a pu être produit parmi les dizaines qui ont assisté à des actes de violence impliquant le PAC. Battisti présente pourtant une particularité physique qui aurait dû le faire immanquablement remarquer : sa très petite taille.
Il a eu droit à un procès équitable dans le respect de la Constitution et des droits de la défense.
Faux. Il a été condamné à la prison à vie en son absence et à son insu, sans possibilité d'être rejugé (ce qu'il réclame), non pas sur preuves, ni sur témoignages directs, mais sur les dires d'un « repenti » (quiconque dénonce quelqu'un bénéficie de clémence). La Justice Italienne, dénoncée en cela par la Cour Européenne de Justice, ne prévoit pas de second procès après un jugement par contumace.
Il est prouvé qu'il a tué ?
Faux ! Il a toujours nié. Les seules charges sont les aveux d'un repenti (libre aujourd'hui) qui a chargé un ex-camarade dont il pensait qu'il ne risquait rien du fait de son exil au Mexique.
La parole des repentis est fiable.
Faux ! Et pas seulement pour les raisons déjà évoquées. Dans un livre publié chez Viviane Hamy (La vérité sur Cesare Battisti), Fred Vargas qui anime son Comité de Soutien national raconte sur des pages entières les tortures dont furent victimes les « repentis » pour les aider à charger leurs camarades. Amnesty International s'est exprimé maintes fois contre la violation des droits humains dans ces circonstances.
Battisti a fuit la Justice.
Faux. C'est la Justice versatile qui le fuit.
La Justice condamne tous les actes de violence.
Faux ! Les activistes de droite, et notamment ceux qui ont déposé une bombe dans la gare de Bologne (80 morts), sont libres en Italie alors qu'ils ont avoué leur crime. Notons qu'il en est de même en France pour les activistes de l'OAS, en vertu du principe selon lequel, un tiers de siècle après des périodes de "guerre civile larvée", il ne faut pas rouvrir les plaies.
Battisti, est un terroriste.
Faux ! Attiré en France par la promesse de ne pas être livré à l'Italie ("Doctrine Mitterrand") il a abandonné toute action politique, fondé une famille, s'est reconverti dans l'écriture de romans. Dans ses débats et conférences, dans ses rencontres avec les jeunes, il prônait la non violence ; il exhortait son auditoire à choisir d'autres voies d'action politique que celle qui s'était imposée à des milliers de jeunes italiens généreux devant un fascisme ambiant qui gangrenait leur pays.
Cesare Battisti faisait plus pour la paix civile en France que le boutefeu au Karcher qui se sert aujourd'hui de lui pour se faire élire.
Maxime Vivas
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