28 décembre 2007

Dans notre société de plus en plus injuste et inégalitaire, la défense et les Avocats, sont devenus une cible pour le pouvoir. Les attaques contre la défense, les droits de la défense, mais aussi le libre exercice de la défense se multiplient : suppression de Tribunaux de base, peines automatiques, sont des exemples parmi d’autres d’une tendance générale à supprimer ou rendre vaine toute défense.

Dans le même temps, la répression s’accroît de partout, il n’y a jamais eu autant de prisonniers dans les prisons de France et corrélativement les juridictions répressives n’écoutent et n’entendent plus les défenseurs dont le rôle et la mission de défense sont bien souvent méprisés.

A GRENOBLE, les Avocats qui contestent cette situation et refusent d’exercer une défense de complaisance sont l’objet de poursuites. Parmi eux, Maître Bernard RIPERT, Avocat connu pour sa défense offensive, son intransigeance et son refus de toute compromission, défenseur bénévole de tous les militants politiques et manifestants, fait l’objet de nombreuses plaintes et poursuites pour des paroles tenues dans le cadre de l’exercice de sa profession.

C’est ainsi qu’il est convoqué devant le Tribunal Correctionnel de CHAMBERY pour de prétendus outrages à magistrat, qu’il aurait commis lors d’une audience de la Cour d’Assises.

Ces poursuites sont illégales puisque contraires aux dispositions de l’alinéa 3 de l’article 41 de la loi du 29 juillet 1881 qui stipule « Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte-rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les Tribunaux ».
Ces poursuites sont mal fondées : les propos rapportés sur la citation n’ont pas été tenus de la sorte par Maître RIPERT.
Ces poursuites sont illégitimes puisque le Président de la Cour d’Assises lui-même n’avait pas réagi à ces propos ; rien n’a été consigné sur le procès-verbal des débats.

Le seul objectif de ces poursuites, est de tenter de faire taire cet Avocat qui ne cesse de dénoncer une justice dont la mission devrait être de renforcer la cohésion sociale sans détruire l’individu et dont la pratique est de détruire l’individu sans renforcer la cohésion sociale.

Il est essentiel de soutenir Maître RIPERT, pour soutenir à travers lui :
- une défense libre et indépendante
- une défense écoutée et entendue
- l’immunité de l’Avocat
- les vrais droits de la défense et la liberté d’expression et de critique même si elle s’adresse à des juridictions ou à des magistrats.

Ce communiqué est extrait du blog du comité de soutien à Bernard Ripert.
Pour plus d'informations, n'hésitez pas à vous rendre sur ce blog !

27 décembre 2007


cesare battisit2Cela faisait longtemps que je n'avais pas donné d'informations sur Cesare Battisti, j'y remédie par le biais de ce rapide message.


Cesare est toujours emprisonné au Brésil dans l'attente de son audition prévue le 18 janvier 2008. S'en suivra le dépôt du mémoire de la défense dans un délai de 10 jours puis la délibération du Tribunal Suprême du Brésil qui aura jusqu'à 6 mois pour rendre sa décision quant à l'extradition de Cesare.


Donc voilà où en est la situation. Je lui apporte tout mon soutien en espérant qu'il tiendra bon et que le dénouement lui sera favorable.


marina petrellaAprès Paulo Persichetti, Cesare Battisti, c'est aujourd'hui au tour de Marina Petrella de subir le reniement de la parole donnée par la France, par le biais de la doctrine Mitterrand. Les anciens militants italiens durant les « années de Plomb » réfugiés en France depuis près de vingt ans et ayant reconstruit leurs vies ont aujourd'hui une épée de Damoclès au dessus de la tête. Déjà trois réfugiés italiens derrière les barreaux, on peut craindre que cette liste n'augmente dans les mois qui viennent.


paolo persichetti Par les temps qui courent, où les grévistes sont considérés comme « preneurs d'otages » on devrait se méfier des abus de langage et amalgames qui nourrissent la confusion, à l'image de ceux faits entre militantisme et terrorisme qui viennent légitimer l'extradition des réfugiés italiens en France.


A bon entendeur…




Pour plus d' informations, n' hésitez pas à jeter un coup d'oeil à mes précédents billets sur les années de plomb, Cesare Battisti et la doctrine Mitterrand.


Je laisse également les références des bouquins de Paolo Persichetti et Cesare Battisti très instructifs sur le sujet.


paolo persichetti exil et chatiment



Exil et châtiment, de paolo Persichetti, publié aux éditions textuel en 2005.


cesare battisti ma cavale





Ma cavale, de Cesare Battisti, publié chez Grasset en 2006.





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LE BUZZ DU MOMENT

Petit moment de détente avec le gros big buzz du web en ce moment. La chanson du dimanche est entrain de devenir une véritable institution, et c'est tant mieux. La messe, téléfoot, vivement dimanche, c'est terminé tout ça. Le dimanche est désormais le jour tant attendu de la nouvelle production hebdomadaire des deux comparses devenus stars du net ! Trop bons et trop cons, ça déchire gravement, alors ça se partage !

Le mieux, c'est d'aller directement sur leur site : http://www.lachansondudimanche.com/

22 décembre 2007

POUR UN WEB MILITANT !

J'ai mal au crâne. Mon blog est au point mort depuis des semaines et pas moyen de m'y remettre. Dès que je choisi un sujet sur lequel m'épancher un tant soit peu, je n'ai même pas le temps de me mettre à mon clavier qu'il est déjà complètement obsolète… Discours de Dakar de Sarkozy, visite en Algérie, loi de réforme des universités, visite de Kadhafi à Paris… Sarko crée l'actualité. Il propose l'agenda, les médias disposent, et nous, on suit. Marre d'avoir l'impression de colporter un avis autour de thématiques imposées. Alors oui, les sujets sont divers tant la latitude d'action que s'est offerte notre très cher président est vaste. Néanmoins, je n'ai pas très envie de participer au Sarkobuzz perpétuel. Il me semble que le contre-pied s'impose. Impossible de battre Sarko à son propre jeu. Il veut aller vite, surprendre, anticiper, être partout, gérer tout, saturer l'actu de son omniprésence médiatique sur des registres aussi variés que ses ébats amoureux, son jogging, ses vacances… Je lâche l'affaire. Je ne veux pas participer à cet abrutissement général qui nous fait sombrer chaque jour vers le degré zéro de la réflexion politique et sociale.

Alors oui, au cours de la campagne présidentielle, on nous parlait de cette France intéressée, informée, compétente, capable de décrypter les programmes des uns et des autres et de saisir les enjeux de cette élection déterminante… Foutaises ! Il suffit de voir où nous en sommes aujourd'hui pour comprendre qu'il n'en était rien.
A l'image de ce qui s'est passé lors de la campagne référendaire, le net a un rôle à jouer. Un rôle déterminant car il a le pouvoir d'imposer sa propre temporalité. Prenons donc le temps. Le contre-pied consistant alors à ne pas se faire imposer un rythme qui ne laisse pas le temps de la réflexion. Il est là pour cinq ans, nous aussi, et que restera-t-il à la fin si nous allons toujours là où il nous dit de faire. On doit s'accorder le temps de l'analyse et faire en sorte de s'offrir comme un support critique de l'actualité à chaud mais sans jouer le jeu de ce zapping constant.

Voilà, c'était mon petit coup de gueule du week-end. Même si ça ne sert à rien, ça fait du bien.

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15 octobre 2007

TOUCHE PAS A MON ADN !


Charlie Hebdo et SOS Racisme ont lancé une pétition contre les tests ADN. Je vous invite à aller ajouter votre nom (si ce n'est pas encore fait) aux côtés de ceux des quelques 210 000 signataires ayant déjà signé cette pétition.





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Le juge d'application des peines a aujourd'hui (lundi 15 octobre 2007) répondu favorablement à la demande de mise en liberté conditionnelle de Bertrand Cantat. Les conditions requises, le paiement des dommages à la famille Trintignant (effectif depuis cet été), un emploi dès sa sortie de prison (ce qui est le cas puisqu'on son contrat avec Universal court toujours), un domicile fixe (également le cas), un suivi psychologique (en cours) et enfin, ne pas s'exprimer publiquement sur l'affaire Trintignan. Cantat sortira donc demain, et, déjà, certains s'indignent de sa libération. Pourtant, comme le précise le personnel pénitentiaire au contact de Cantat depuis le début de son incarcération en France, il a toujours été un détenu modèle et rien ne s'oppose donc à cette sortie prématurée.

Personnellement, je trouve que l'enfermement n'est pas une solution qui permette de résoudre quoi que ce soit. La faillite du système carcéral français en matière de réinsertion est flagrante dans l'immense majorité des cas. Les conditions de détentions sont bien souvent des plus précaires, et participent pleinement à l'accroissement du risque de récidive à la sortie.
Cantat, lui, n'est pas dans cette situation. Sa sortie est médiatisée et permet de mettre en lumière le sentiment d'une bonne frange de la population pour qui un condamné est un paria ad vitam aeternam.

Reposons-nous la question du rôle des prisons. Le but est-il de punir ? Dans ce cas, laissons les prisons se délabrer (comme c'est aujourd'hui le cas d'ailleurs) et cessons de donner à manger et à boire à cette vermine que nous n'avons pas jugé digne de vivre à nos côtés. Avec un peu de chance, peut être s'entretueront-ils pour se nourrir... Mieux, militons pour le retour de la peine de mort, histoire de cesser avec cette hypocrisie qui consiste à accabler ceux qui sont passés un jour derrière les barreaux alors que l'on explique lors des verdicts que les condamnés doivent purger leurs peines. De purge, il n'y a point, si ce n'est une purge sociale de l'individu jugé coupable. Une culpabilité en guise de double peine car, dès lors, le point de non retour est franchi…
La prison n'est pas une solution. Elle est une machine à annihiler le lien social et à détruire les personnes. Je ne peux que m'inscrire en faux à l'égard de cette logique d'éviction des nuisibles. Cachez ce criminel que je saurai voir... Cela suffit.

A quoi ont servi les quatre années que Bertrand Cantat vient de passé en prison ? A organiser un suivi psychologique permettant de s'assurer qu'il ne récidivera pas ? Qui oserait croire que Cantat est un danger pour la société ?


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Salut tout le monde,

juste un petit message pour signaler que je viens de mettre en ligne le site du Goudron. Rien de très intéressant pour le moment, mais je vais essayé d'en faire une plateforme de téléchargement de documents, brochures, sons et autres vidéos libres de droits. J'informerai des évolutions du site au fur et à mesure de sa construction. Pour ceux qui veulent d'ores et déjà y jeter un oeil, je colle le lien à la semelle de ce billet. Je précise que, comme j'ai pas un ronds, j'ai dû passer par un hébergeur gratuit pour l'instant (ifrance en l'occurence), ce qui implique un paquet de pubs et autres annonces google foireuses... J'en suis sincèrement navré et j'essaierai de trouver une alternative à ça dès que possible.

http://dugoudronetdesplumes.ifrance.com/


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04 mai 2007

GOUD' NEWS

Bonjour à tou(te)s,
je me permets de modifier le post précédent qui date un peu. Néanmoins, quelques news concernant le blog du Goudron, histoire de rendre le site un peu plus sympa.

Tout d'abord, il est désormais possible d'écouter de la musique sur le blog dans la rubrique "V'LA DU SOUND". En haut de la colonne de gauche, un petit lecteur sympa qui joue une playlist concoctée par mes soins. Promis, je ferai en sorte de la renouveler de manière assez régulière.

Ensuite, je propose à ceux qui le souhaitent de publier leurs messages sur le blog. Lettres ouvertes, annonces, coups de gueule et autres sont donc les bienvenus. Donc, à vous de jouer...


C'est con, oui, je sais... Mais profitons-en, dans moins de 4 jours, on ira en taule pour avoir diffusé ça !





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Parce que je suis quelqu'un de très honnête et que je ne supporterais pas que quelqu'un puisse en douter, je poste également un montage vidéo à la gloire de ce même Nicolas Sarkozy… Non, je déconne, c'est pas du tout une question d'honnêteté. C'est juste que j'ai trouvé ce montage tellement navrant que j'avais envie de le faire partager ce pur moment de… comment dirais-je ?… foutage de gueule ! Voilà, c'est le bon mot !

On pourra toujours raconter que les anti-sarko en font des tonnes, quand on voit ce que balancent sur le net ses soutiens, on se dit qu'on a encore de la marge !




Il paraitrait que dans le prochaine épisode, il fait exploser la France… c'est ça les effets spéciaux à la française !

03 mai 2007

Un documentaire sur Sarkozy qui vaut le coup, gratuit de surcroît, c'est plus que rare et ça mérite donc de se propager sur la toile. Je contribue donc aussi à cette distribution qui je l'espère sera massive avant ce fameux dimanche qui se rapproche à grands pas. Bon visionnage à tou(te)s. Ca dure en gros une heure, mais ça vaut le coup.

REFUTATIONS
Un film de THOMAS LACOSTE
Durée : 66 minutes
Diffusé sur http://www.lautrecampagne.org/

" Seize militants et chercheurs, seize regards acérés sur le monde que nous prépare Nicolas Sarkozy. Ni haine, ni diabolisation, mais la réalité d'une droite décomplexée en passe d'accéder au pouvoir. Une déconstruction implacable de la rhétorique sarkozyste, à voir d'urgence... Avant qu'il ne soit trop tard ! "

Avec la participation de Jeanne Balibar (comédienne), Monique Chemillier-Gendreau (juriste), Anne Debrégeas (Fédération Sud-Energie), Eric Fassin (sociologue), Hélène Franco (Syndicat de la magistrature), Susan George (économiste), Michel Husson (économiste), Bruno Julliard (Unef), Christian Lehmann (médecin), Nacira Guenif-Souilamas (sociologue), Thomas Heams (Convention pour la 6e République), Richard Moyon (Réseau Éducation Sans Frontière), Thomas Piketty (économiste), Emmanuel Terray (ethnologue), Louis-Georges Tin (maître de conférence, CRAN), Alain Trautmann (Sauvons la Recherche !).


Pour soutenir l'initiative, il est possible d'acheter le DVD pour 10 euros sur le site lautrecampagne.org









01 mai 2007

30 avril 2007

CARREMENT NUL !



Sarkozy en avait marre de voir ses soutiens « people » se faire traiter de nuls à tout va. Il faut dire qu'entre Doc Gyneco, Johnny, Richard Virenque ou encore Steevy, c'était dur dur… Enfin bref, toujours est-il que Sarko a décidé de donner dans l'humour en allant chercher un nul, un vrai. En effet, le meeting de Sarkozy a aussi été le moment choisi par Dominique Farrugia pour faire son coming out sarkoziste. Un de plus dans le comité de soutien de Sarko. Ca fait mal pour toute personne de gauche (ou en tout cas pas de droite) qui s'est fendue la gueule devant ses sketches en y trouvant une parodie et une critique de notre société. Mais en même temps, rien d'étonnant à voir la voix de l'ancien président de Canal + France et patron de chaîne (Comédie en l'occurrence) tomber dans l'escarcelle du candidat de droite…


Farrugia_soutient_sarkozy_bercy_2007
Vidéo envoyée par LeGoudron






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Hier après-midi, c'était la grande parade parisienne de Nicolas Sarkozy. 17 000 spectateurs au Palais Omnisports de Paris Bercy et d'après les médias, autant dehors pour un show à l'américaine garni de sportifs, chanteurs et autres peoples dans les tribunes… que c'était beau, j'en aurais pleuré. Finalement j'ai juste vomi. Entre deux rejets, j'ai tout de même eu le temps de chopper quelques bribes nauséabondes et toujours plus délirantes de celui qui apparaît comme notre plus que probable futur président de la république. Après les envies de nettoyage au karcher, la détermination génétique de la pédophilie, la détection de la délinquance à la crèche, la remise en cause de la séparation de l'église et de l'état, j'en passe et des meilleurs, Sarkozy revient sur un thème avec lequel il avait déjà flirté il y a peu : mai 1968 et ses conséquences.Je vous conseille donc vivement de savourer ce pur moment comique en allant mater la vidéo disponible en ligne sur sarkozy.fr (lien plus bas). Pour vous motiver, un petit extrait, bijou s'il en est :


Selon Nicolas Sarkozy, mai 1968 et ses héritiers sont « responsables de la dérive du capitalisme financier ». Il poursuit : « La contestation de tous les repères éthiques a préparé le terrain des parachutes dorés et des patrons-voyous. »


Cliquez ici pour arrriver sur la page d'accueil du site de Sarkozy, la vidéo intégrale ou presque y est disponible en direct.





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29 avril 2007

PETITE PHRASE D'AVENIR

"Je suis un libéral au sens où je crois en la liberté. Mais je suis également un humaniste au sens où je crois que la production de richesse doit avoir un sens. Que la morale, ça compte. Que la spiritualité, ça existe. Que l'homme a une destinée. Et qu'on ne fait pas n'importe quoi avec l'homme, qui n'est pas une marchandise comme les autres." Nicolas Sarkozy (novembre 2006)

Ami(e)s lycéen(ne)s, préparez vos brouillons, il parait que ça va tomber comme sujet de philo au bac !

27 avril 2007

DES HAUTS ET DEBATS

La grande nouvelle est tombée aujourd'hui. Suspens intenable, négociations interminables ont enfin abouties et le voilà enfin pour nous, diffusé simultanément sur RMC Info et BFM TV, le fameux, le seul, l'unique : le débat Ségolène Royal / François Bayrou.

Certains se demandaient il y a encore quelques jours à quoi cette discussion pourrait servir. Aujourd'hui, la question n'est plus là, l'évènement s'est imposé et il faudra y assister pour ne pas être largué lors des prochaines discussions de comptoir et autres JT de grandes chaînes nationales…

Le débat aura lieu samedi 28 avril 2007 à partir de 11h.

Cliquez ici pour visualiser la dépêche du groupe NextRadioTV (qui possède RMC et BFM entre autres).

NOUVEAU SONDAGE

A un peu moins de 10 jours du second tour de la présidentielle, je vous propose de voter avant l'heure. Ainsi, après le Battisti Quiz, c'est sur la présidentielle, ou plus précisément vos choix et avis quand à ce scrutin. Pas de vote utile ici alors lâchez-vous ! Bon vote à tous…



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26 mars 2007

Petit zapping télé autour de l'arrestation de Cesare Battisti au Brésil.


Le cas Battisti
Vidéo envoyée par lemondefr


Je vous propose ici un entretien dont j'ai pris connaissance par le biais de la liste de diffusion de vialibre5, site de Cesare Battisti devenu site de soutien depuis le 10 février 2004 date de son arrestation à Paris). Il s'agit d'un entretien d'Isabelle Sommier, maître de conférence en Sciences Politiques à l'Université Paris I et directrice du Centre de Recherche Politique de la Sorbonne (CRPS). Elle est l'auteure d'une thèse de Sciences Politiques à Paris I sur la question de la violence ouvrière dans les années 1968, en France et en Italie, partiellement publiée aux Presses Universitaires de Rennes sous le titre La violence politique et son deuil, après 68 en France et en Italie. Cet entretien a été réalisé par Jules Athouni en mai 2004 et nous offre une explication assez claire sur ce qu'ont été les "années de plomb" en Italie. Bonne lecture à tous.


Battisti : lever la chaPe des «années de plomb»

Qu'est-ce que les «années de plomb» ?


Stricto sensu, les années de plomb correspondent à la moitié des années 70 et qualifient le développement des groupes clandestins armés. Ces groupes violents plongent leurs racines dans 1968. Comme en France, il y a en Italie la conjonction d'une révolte étudiante qui commence en 1967, et d'une révolte ouvrière très radicale qui débute en 1969, et qui se développe avec des grèves considérables dans tout le triangle industriel que constituent Milan, Gênes et Turin, et notamment à la Fiat. Ces grèves sauvages expriment une très grande méfiance à l'égard des appareils syndicaux traditionnels. Elles sont souvent accompagnées d'actes illégaux voire violents comme par exemple des séquestrations de patrons. Ces populations venaient principalement de la campagne, du sud de l'Italie. Leurs conditions de vie et de travail étaient très dures et ils étaient victimes de racisme : les italiens du Nord les appelait «les terreux».


Comment passe-t-on de grèves à un mouvement insurrectionnel ?


A partir de 1969, naissent des groupes d'extrême gauche issus d'une alliance entre les révoltes étudiantes et ouvrières. Parmi eux, Lotta Continua, Potere Operaio, et le CPM (Collettivo Politico Metropolitano), ancêtre des Brigades Rouges. Entre 1970 et 1973, certains groupes vont renoncer, comme en France, à la lutte armée. Ils vont s'auto-dissoudre ou s'orienter vers une formule plus électorale. D'autres vont se radicaliser, comme les Brigades Rouges. Le maintien d'une conflictualité sociale pendant dix ans favorise cette élévation des niveaux de violence. La question du passage à la violence s'est d'abord posée d'une façon défensive. Il s'agit de résister à la perspective d'un coup d'Etat, qui revient périodiquement à cette époque. Et plus encore, après l'attentat à la bombe du 12 décembre 1969 commis à Milan par l'extrême droite et qui a fait seize morts. La gauche avait considéré à raison que ces attentats avaient été rendus possible grâce à la complicité d'une partie de l'appareil d'Etat, à savoir les Démocrates Chrétiens au pouvoir depuis 1947. Ce n'est pas le gouvernement en tant que tel qui a commis ces attentats, bien sûr, mais une partie des services secrets policiers et surtout militaires, dans le cadre du plan Gladio ("glaive" en italien, Ndlr).


Le plan Gladio ?


C'est un plan de vaste ampleur mis en place dans les années 50 par la CIA, avec la complicité de l'OTAN. Ce plan prévoyait de tout faire pour éviter une prise de pouvoir par les communistes qui étaient très puissants en Italie. Certains militaires l'ont entendu comme la possibilité de fomenter et faciliter des attentats de l'extrême droite de façon à augmenter l'inquiétude dans le pays, et ce afin d'acclimater l'opinion au bien-fondé d'un coup d'Etat. C'est la stratégie de la tension. A partir de 1969, la question de la violence se pose, mais sur un mode défensif. Cette rhétorique de légitimation de la violence va évoluer sur un plan offensif, et donc insurrectionnel.


A quel moment passe-t-on d'une attitude défensive à une attitude insurrectionnelle ?


A partir de 1973, le PC s'oriente vers la stratégie du compromis historique : le parti considère qu'il ne peut gouverner le pays seul, même s'il remportait les élections, et qu'il doit faire alliance avec la Démocratie Chrétienne. Pour l'extrême gauche, c'est la preuve de son abdication de toute volonté de changement total de la société. C'est une fermeture totale de débouchés sur les plans politique et pacifique.


La France n'a pas connu une telle situation. Pourquoi ?


En France, la gestion, souple, évite les morts, les condamnations très lourdes, etc. La politique italienne de maintien de l'ordre, extrêmement sévère et répressive, a favorisé la transformation de l'adversaire en ennemi à abattre. La différence du niveau de mortalité lors des répressions des mouvements sociaux entre la France et l'Italie est révélatrice. En France, entre 1947 et 1969, si l'on exclut la question algérienne (les ratonnades, qui ne relèvent pas du maintien de l'ordre dans les conflits du travail), on dénombre 12 manifestants grévistes tués. En Italie, on en compte au bas mot 90, et certains multiplient ce chiffre par deux. Jusqu'en 1977, la police italienne tire quelque fois à balles réelles sur les manifestants ou les charge en camion, et en écrase certains. Il faut remettre tout cela dans un certain contexte : le caractère récent de l'unité italienne, l'expérience du fascisme avec, sans doute aussi, une épuration incomplète dans les rangs des préfets, de la police et de la défense.


Les actions provenant de l'extrême gauche se différenciaient-elles de celles commises par l'extrême droite ?


Oui. Dans cette stratégie de la violence, l'extrême droite commettait des attentats à la bombe non-ciblés, à l'aveugle dans des lieux publics faisant beaucoup plus de victimes. On lui impute aujourd'hui 83% des victimes de l'époque. A l'inverse, la stratégie de l'extrême gauche est ciblée : assassinats de responsables politiques, de juges, de policiers et même de journalistes.


A-t-on maquillé des attentats d'extrême droite en attentats d'extrême gauche ?


Le premier, oui. Dans le premier attentat d'extrême droite, en 1969, la police va arrêter immédiatement un anarchiste. Lequel va curieusement mourir au cours de ses interrogatoires : il tombera d'une fenêtre. La gauche considère alors qu'il a été défenestré par le commissaire Luigi Calabresi. La police arrête ensuite un autre anarchiste qui sera, des années après, lavé de tout soupçon. Sur le plan historique, il est maintenant établi que ce premier attentat ainsi que les autres ont été commis par l'extrême droite et ont impliqué une partie des services secrets.


En 1972, l'assassinat de Calabresi est-il une réponse aux violences policières ?


Cette affaire reste obscure. L'assassinat de Calabresi n'a jamais été revendiqué. Aujourd'hui, Sofri, un des leaders de Lotta Continua, est en prison sur le témoignage de repentis. C'était un assassinat très médiatisé car le commissaire Calabresi avait été accusé par toute la gauche d'avoir défenestré le jeune anarchiste. Dans toutes les manifestations d'extrême gauche, on en appelait à son lynchage.


Quelles ont été les réactions du pouvoir en place ?


A partir de 1975, et plus encore après l'assassinat du leader de la Démocratie Chrétienne, Aldo Moro, l'Italie a adopté une législation d'exception qui n'est pas totalement abolie aujourd'hui. Elle s'est traduite à la fois par une restriction des libertés publiques, comme toute législation d'urgence, et par l'invention de nouvelles incriminations du type «concours moral à l'assassinat». Il y a également la mise en place du système des repentis. C'est l'une des raisons de la mobilisation en cours pour Cesare Battisti. L'argument est qu'il n'a pas eu de procès équitables, puisqu'il a été condamné sur les témoignages de repentis non recoupés par les faits. Il est ainsi accusé de deux meurtres, commis le même jour et à la même heure, à Venise et à Milan…


Est-ce au nom de cette législation d'exception qu'est née la doctrine Mitterrand en 1985 ?


Mitterrand fait dire aux militants italiens exilés qu'ils peuvent trouver refuge en France à condition qu'ils aient rompu avec le mouvement. L'une des raisons invoquées par le président français était les manquements graves de l'Italie aux droits de l'Homme que constituent cette législation d'exception et les traitements inhumains de prisonniers. Il y a deux autres raisons : un pari stratégique qui est de considérer qu'il vaut mieux offrir à ces personnes la possibilité de se construire une nouvelle vie. De ce point de vue là, c'est plutôt réussi puisque aucun n'a alimenté la gazette : ils travaillent, ont des vies de famille et des enfants français. La dernière raison, celle qui pose le plus de problème aux autorités italiennes, est qu'à travers cette décision, Mitterrand offrait en quelque sorte une lecture politique de ces années. En refusant l'extradition, il considérait implicitement qu'il s'agissait d'infraction politique et non pas terroriste.


Est-il pertinent de parler des «années de plomb» comme d'un mouvement terroriste comme on l'entend depuis le 11 septembre ?


Il y a tout un débat sur la catégorie "terrorisme". En sciences sociales, on compte entre 100 et 200 définitions du terme. Ce terme est stigmatisant et a été forgé pour déqualifier des violences politiques. Je considère, comme la majorité des «experts», que c'est une catégorie qu'il faut réserver aux violences indiscriminées, aux stratégies d'attentats aveugles frappant la population civile. C'est la «nouveauté» du registre de la violence au XXème siècle : la violence de masse contre des innocents. De ce point de vue, je réserverai le terme de terrorisme aux attentats d'extrême droite, et non d'extrême gauche, qui sont des attentats ciblés. Ce qui n'induit pas du tout un jugement moral sur l'assassinat politique.


Comment se fait-il que le gouvernement italien persiste à considérer l'extrême gauche comme principal responsable de ces «années de plomb» ?


Il y a en Italie, autour de cette période, un véritable tabou, une volonté de ne pas se pencher sur ces années. La lecture faite majoritairement est que toute la responsabilité incombe à quelques individus d'extrême gauche. Tout juste reconnaît-on quelques attentats d'extrême droite… Ce serait aussi, pour certains, reconnaître le caractère politique du conflit, ce dont il n'est pas question. Pour qu'il y ait amnistie, il faudrait qu'il y ait une réflexion, voire un débat, qui reviendrait sur ces années, ce que le gouvernement ne veut pas. L'amnistie serait le symbole que cette période est révolue. Un avis que ne partage pas une grande partie de la classe politique italienne, y compris au sein du gouvernement. Rappelons quand même que certains d'entre eux viennent de l'extrême droite, de la Ligue du Nord ou de la loge P2 (sous Berlusconi, Ndlr). Cette dernière est une loge maçonnique qui a trempé dans ces dérives des «années de plomb», avec des liens avec la Mafia et l'extrême droite.


Pour en savoir plus : L'attentat de la gare de Bologne.






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23 mars 2007

Mieux vaut prévenir que guérir, et en ses temps d'élection présidentielle, n'oublions pas ce fameux soir du 21 avril 2002. Alors, pour ne pas oublier ce qu'est le Front National, un petit clin d'oeil.